mardi 24 février 2009

LES VOYAGES OUTRE-MER DU CURÉ CORBEIL
(XXVI)

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TROISIÈME SÉJOUR EN FRANCE

(Cinquième partie)

MAI, JUIN, JUILLET 1930 V I C H Y
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La première carte manque à cette suite postée à ma tante Éliane Bergeron.

[---]
Si tu avais des amis correspondants à Lyon ou près de Lyon, écris-leur de venir faire ma connaissance. – Je regrette que tu n’aies pas fait la même chose pour ton amie de Paris. –
Tu dois être à la veille de partir pour la campagne où tu dois te reposer jusqu’à la fin de juillet. – N’oublie pas cette promesse et tiens-la. – Écris-moi que c’est fait et je t’écrirai à l’adresse que tu me donneras. –

P.S. Je me sers de cette grande enveloppe rapporté[e] d’Angers où j’ai passé en revenant de Bretagne,

Je retournerai guéri, c.-à-d., avec un état normal. – J’espère que je réussirai à le conserver. – Dans le cas contraire, il faudra revenir à Vichy pour me refaire encore.* – Les eaux de Vichy ont une vertu particulière qui se perd dès qu’elles ne coulent plus et se refroidissent. C’est pourquoi on doit venir à la source, même pour les boire. Il y a ici environ 200 000 étrangers** qui, plusieurs fois par jour, défilent devant les sources pour boire la quantité prescrite par les médecins. En tout cas je suis content d’être venu et confiant dans l’issue du traitement.
– Je serai ici encore 15 jours et j’espère alors avoir mon congé. – Je retournerai au Canada incessamment et je compte être à La Tuque vers le 15 juillet. – La vie ici est pas très divertissante. – La compagnie de malades n’est pas très gaie. – Mais cela finira bientôt. Veuille bien me rappeler au souvenir des tiens et des chères religieuses et de tous ceux qui ont quelque estime ou affection pour moi. – J’espère que tu m’as écrit comme tu me l’avais promis pour me donner des nouvelles de tous. – Je n’ai encore rien reçu. – Il faudra m’envoyer toute correspondance à Paris à la même adresse.

P.S. Une lettre d’Augusta m’apprend que sa mère est très malade.
_________
NOTES

* Malgré ses bonnes résolutions, le gros curé ne suivra pas le régime prescrit .
Il continuera à faire bonne chère et rendra l’âme peu d’années plus tard.
** Ce nombre de visites pour une seule journée me semble exagéré, mais trop peu pour une année complète. Malgré mes recherches, je n’ai pu trouver une compilation de statistiques sur les visiteurs des eaux de Vichy.
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mardi 17 février 2009

LES VOYAGES OUTRE-MER DU CURÉ CORBEIL
(XXV)
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TROISIÈME SÉJOUR EN FRANCE

(Quatrième partie)

MAI, JUIN, JUILLET 1930
V I C H Y

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[Envoi à Éliane Bergeron]

Vichy, 31 mai 1930*

Ma chère enfant,
Je reçois ta lettre du 15 mai. Je te remercie des bonnes nouvelles que tu me donnes. M. Marion m’avait écrit [sic] le départ de Mlle Doucet sans donner d’explications. – Je suis bien heureux de savoir sa sœur au presbytère. –
Comme tu vois, je suis enfin à Vichy, où ta lettre m’a rejoint. Je suis encore à faire des examens qu’il faut préparer par plusieurs jours de traitement. Je saurai la semaine prochaine ma situation exacte et le traitement que je devrai suivre.
– Tu peux être assurée que je ne serai pas long à prendre la route de La Tuque dès que mon docteur me rendra la liberté. – Ces traitements sont assez durs. Ils consistent pour le moment à aller à deux sources différentes, situées aux coins opposés d’un parc et à boire une petite quantité d’eau chaude à des heures réglées. –
Je vais aussi tous les matins, à 8 hrs prendre un bain dans une eau carbo-gazeuse à 36˚.** Mes jours sont donc bien employés. – Il y a actuellement à Vichy une foule de malades qui déambulent tout le jour d’une source à l’autre.

Pour te représenter la station thermale de Vichy, imagine un grand quadrilatère qui serait long du presbytère au collège des frères, et au bout du quadrilatère sont les sources dont voici les figures.
Tout autour sont des magasins et des hôtels. Je suis à l’hôtel [de l'] Amirauté [… illisible] parviendront. Théâtre. Je fais cette marche plusieurs fois par jour pour boire un peu d’eau chaude.

[Au centre de la carte, de gauche droite, dans le sens des aiguilles d’une montre]

Sources – Bains – Promenade couverte – Sources – Promenade couverte
Parc magnifique

Je suis heureux d’apprendre que ta santé n’est pas trop mauvaise. Tu as certainement besoin d’un grand repos.*** – Vas [sic] donc tel que convenu à la campagne. J’espère que tu n’as plus les soucis que tu m’annonces. Je ne sais pas lesquels, mais j’ai confiance que tu seras raisonnable et que tu prendras le repos à la campagne qui t’est si nécessaire. –
– J’ai souvent le cafard, la nostalgie de mon cher pays et surtout de ma chère paroisse. –
Je serai de retour dans la première semaine de juillet, et peut-être plus tôt.
– Écris-moi. Amitiés à tous.
Aff. Eugène C. ptre

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NOTES
* Corbeil ne se doutait pas que, cinq ans plus tard, jour pour jour, naîtrait celle qui lui rendrait hommage quelque 75 ans plus tard.
** En Celsius, bien sûr, ce que Corbeil a oublié de préciser. Éliane, habituée à l'échelle Fahrenheit, a dû être fort surprise… 36 degrés F., c’est à peine quatre degrés au-dessus du point de congélation dans ce système anglais ! 36˚ C, c'est 97˚ F.

*** Ma tante Éliane prenait un soin excessif de sa santé; elle s'est toujours dit malade, courait d'un médecin à l’autre, dépensait une fortune en petits pots de crème pour ne pas rider. Mais, comme c'était génétique, elle a ridé très jeune comme sa mère !

Carte postée de Paray-le-Monial (Saône-et-Loire).

Mlle Éliane Bergeron
Boîte pos. 66 [?]
La Tuque
Co. Champlain
Pro. de Québec
Canada

13 juin 1930
Paray est à 2 heures d’auto de Vichy. J’y suis venu entre 2 traitements faire mon pèlerinage. – Le plus gros cierge a brûlé pour toi et ta famille.
E. C.

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samedi 14 février 2009

LES VOYAGES OUTRE-MER DU CURÉ CORBEIL
(XXIV)
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TROISIÈME SÉJOUR EN FRANCE
(Troisième partie)

MAI, JUIN, JUILLET 1930

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Je n’ai pu retracer, dans mes archives, les deux cartes qui devraient normalement précéder celles que je transcris et portant un texte d’Eugène Corbeil. Ce dernier doit sans doute y annoncer à ma tante Éliane son arrivée à Vichy, en provenance de Paris.
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[À Éliane Bergeron, La Tuque]

[…] quand bien même ce ne serait qu’en canot d’écorce !
J’ai employé les loisirs que me laissaient ces consultations à visiter et [à] revoir les grands souvenirs parisiens, les beaux monuments et les musées.
Malgré tout, j’ai la nostalgie de ma chère paroisse où le printemps est si beau et si gai.
Je pense à tous et je m’enferme souvent dans des rêveries où je revois toutes les activités de mes amis. Je me dis : que se passe-t-il à cette heure à La Tuque, au couvent, dans la rue et chez les amis ?
La nécessité de ce voyage, de ce séjour à Vichy me laisse la sensation que je suis un exilé loin de tout ce qui lui est cher. – Ce n’est pas toujours très gai.

Cependant, j’ai lié connaissance avec des hommes très intéressants, surtout des prêtres français et des missionnaires en traitement ici. Je profite de ces conversations pour mieux comprendre la situation. *
J’espère que tu te prépares pour un séjour à la campagne si déjà tu n’y es pas rendue.
Je te raconterai des choses intéressantes sur Malmaison, que j’ai visité avant mon départ de Paris et où se trouvent les grands souvenirs de ton ami ! Napoléon.** – Malmaison a été la maison des amours et du mariage avec Joséphine, puis du divorce puis de la mort de son amour, puis la prison de Pie VII. Puis ce fut là que Napoléon fut emprisonné avant le départ pour [Sainte]-Hélène.

P.S. J’ai revu, avant de venir à Vichy, Malmaison et avec une vive émotion.
Cette maison a abrité les plus grands bonheurs. Joséphine aimait et était aimée de Napoléon. C’est là qu’elle s’est mariée. Puis ce fut le drame :
1. Le divorce. 2. La mort.
3. Après des années de larmes de Joséphine, c’est dans ce château que Pie VII a vécu prisonnier
4. C’est dans ce château qu’après Waterloo Napoléon, vaincu, a passé sa dernière nuit en France. C’est là qu’il a signé son abdication, qu’il a dit adieu à ses généraux et qu’il est parti dans la nuit pour prendre le bateau qui devait le conduire à [Sainte]-Hélène. Justice divine.

NOTES

* La grande crise économique, qui va durer jusqu'au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, frappe durement la France, bien sûr, mais il y a, en cette année 1930, bien d'autres perturbations aux plans social et politique. La démocratie y est en danger.

**
Éliane Bergeron était une admiratrice, on dirait aujourd’hui «une fan», de Napoléon. Je possède plusieurs carnets de notes, de pensées, de biographies, où je retrouve plusieurs pages sur son héros. Corbeil lui a rapporté une dizaine de cartes en couleur de reproductions des grandes batailles du petit caporal, des scènes de famille. Lorsque j’ai visité les Invalides, à Paris, où se retrouvent les tombeaux de Napoléon et de l’Aiglon, son fils, je me suis longtemps recueillie devant le tombeau de son idole.
* * *
J’ai reçu quelques photos de plaques qui identifient la rue Corbeil qui serpente le quartier du Parc de la Montagne, dans le secteur Hull de la ville de Gatineau. Pierre Cantin, qui les a captées, m’explique, en illustrant ses propos, que la «modernisation» graduelle de l’affichage des noms des artères, fera disparaître le titre et le prénom du frère d’Eugène Corbeil. Il existe actuellement trois libellés différents des plaques de la rue Corbeil. Pierre, qui a emprunté la rue Mgr-Sylvio-Corbeil, quasi quotidiennement, de juillet 1978 à décembre 1982, à l’époque où il habitait rue Polycarpe-Doucet, ne s’est jamais douté qu’il y avait là un mince lien avec La Tuque, la ville de son enfance et de son adolescence.

Du bleu au blanc, en passant par le vert :
la disparition du « Mgr » et du « Sylvio »

Épuration toponymique !

Photos : Pierre Cantin, Gatineau, secteur Hull, 12 février 2009.

vendredi 30 janvier 2009

LES VOYAGES OUTRE-MER DU CURÉ CORBEIL
(XXIII)
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TROISIÈME SÉJOUR EN FRANCE
(Seconde partie)

MAI, JUIN, JUILLET 1930
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[À Éliane Bergeron, La Tuque]

Paris, 19 mai 1930

Ma chère enfant.
J’en ai enfin fini avec le Dr Ramon et je suis très heureux du résultat de ces consultations et examens. Mon état de santé est susceptible de parfaite guérison et le traitement et le séjour à Vichy s’imposent. – C’est le seul moyen de récupérer ma santé et voir clair pour l’avenir dans le régime que je devrai suivre pour éviter du traitement. – C’est un régime très énergique et qui produira les meilleurs résultats. – En tout cas, j’ai la conviction de l’utilité de ce voyage comme de sa nécessité !
Dr Ramon me disait que j’étais un client-né de Vichy et que j’aurais dû y venir plus tôt. Non seulement mon cœur était malade, non seulement mon sang était intoxiqué par le poison, mais mon foie était très malade, et je ne m’en doutais pas.

La correspondance avec les amis et parents du Canada est la seule vraiment utile réaction contre le cafard ! Voilà comment l’exil fait des écrivailleurs sinon des écrivains. – Je vais demain entendre Daudet et d’autres orateurs dans une grande assemblée royaliste et, après demain, en route pour Vichy.

Souvenirs affectueux à tous et à toi l'assurance de mon profond et affectueux attachement.
Eug.

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NOTES

Ce Daudet que Corbeil s’apprête à aller entendre, c’est Léon Daudet (1868-1942), le fils de l’écrivain Alphonse et l’un des fondateurs de la feuille d’extrême droite Action française. Le journaliste a en effet donné une conférence à Paris en ce mois de mai 1930, après sa sortie de prison, où il purgeait une peine pour ses idées fascistes, royalistes, et avoir proféré des insultes et de faux témoignages envers des députés. Faut-il dans ce geste du curé voir une certaine sympathie envers les idées de Daudet ?

Quelques détails intéressants que m’a fournis Pierre Cantin : l’abbé Sylvio Corbeil (1860-1949), frère du curé latuquois, fut l’un des professeurs de Lionel Groulx, au Séminaire de Saint-Thérèse, et aussi son directeur spirituel.
Plus tard, devenu prélat domestique – ce qui lui permet d’être appelé pompeusement «monseigneur» –, il sera principal de l’École normale Saint-Joseph, à Hull, et on trouve on trouve son nom à titre de censeur du diocèse d’Ottawa, dans un essai du dominicain M. Ceslas Forest sur l’Église et le divorce au Canada (Le Droit, 1920), ouvrage qui reçut deux prix (prix d’Action intellectuelle, section «Philosophie» et prix Perrin) et qui fut traduit en anglais l’année suivante.

Le provincial des dominicains, Raymond-Marie Rouleau (1866-1931), deviendra
évêque de Valleyfield, en 1923, et archevêque de Québec, en 1926.
Numérisation : Pierre Cantin.

Une rue de Gatineau, secteur Hull, dans le quartier Parc de la Montagne, porte le nom de Sylvio Corbeil et l'édifice où logeait l'ancienne école normale, fondue en 1968 au nouveau Cégep de Hull
(depuis Cégep de l'Outaouais), abrite le Collège St-Joseph, une école secondaire privée pour jeunes filles.
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jeudi 22 janvier 2009

LES VOYAGES OUTRE-MER DU CURÉ CORBEIL
(XXII)
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TROISIÈME SÉJOUR EN FRANCE
(Première partie)

MAI, JUIN, JUILLET 1930

Au début des années 1930, Eugène Corbeil commença à éprouver des ennuis de santé : il était affecté par des problèmes cardiaques et son foie fonctionnait mal. De plus, il souffrait de diabète. Son médecin de La Tuque, Maxime Comtois, de même que des spécialistes lui conseillèrent alors de se rendre à Vichy, en France, pour y suivre une cure. Évidemment, une bonne diète et un régime alimentaire plus raisonnable auraient sans doute eu le même effet. À ce moment-là, le poids de l’énorme curé avait dépassé les 300 livres … c’est-à-dire environ 140 kilos d’aujourd’hui!

Depuis des siècles, les eaux thermales de Vichy étaient reconnues pour leurs vertus curatives. En 1636, le premier établissement avait été édifié sous l’impulsion du roi Louis XIII. Madame de Sévigné participa à sa manière à la notoriété de ses eaux. Dans ses lettres, elle décrit en détail la manière de vivre de ce milieu, les allées et venues de personnes célèbres qui les fréquentent…

Curieusement, c’est aussi ce que fera Corbeil dans sa correspondance à l’endos de cartes postales qu’il enverra à Éliane Bergeron et que je reproduis dans le présent blogue.

Les eaux de Vichy sont utilisées dans le traitement du diabète du type 2. Elles soignent aussi les excès de cholestérol qui obstrue les artères et cause des maladies coronariennes. On comprend facilement que Corbeil, gourmand et gourmet, ait pu souffrir de ces maux.

Il m’est difficile de situer avec précision les étapes de ce troisième séjour de Corbeil en France. À l’exception de ces échanges épistolaires avec ma tante Éliane, je n’ai pu consulter d’autres documents. Une liste m’avait bien montré l’existence d'une boîte de correspondance, la quatrième du fonds Corbeil déposé à la Société historique de La Tuque et du Haut-Saint-Maurice. On semble avoir égaré ou mal remisé ladite boîte, car je n’ai pu y avoir accès. J’espère qu’on pourra la retrouver bientôt. Je demeure persuadée que je pourrais puiser, dans cette correspondance, quantité de détails qui me permettrait de décrire à l’aise ce voyage, tout comme d’autres chercheurs y trouveraient également leur profit dans le cadre de leurs écrits sur la commémoration du centenaire de La Tuque,.

Pour le moment, pour situer ce troisième voyage, s’il me manque plusieurs cartes, d’autres ne sont pas datées. Enfin, Corbeil poste les premières depuis Angers, le 12 mai 1930. Puis, le 14, il est à Paris où il rencontre un médecin, un certain Ramon, qui lui prescrit les traitements et la diète qu’il doit suivre à Vichy. Corbeil élaborera sur les soins qu’il recevra dans cette ville d’eaux.

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Trois cartes expédiées à Éliane Bergeron, 1930



Angers, 12 mai 1930

Ma chère enfant,

Je reviens d’un pèlerinage à Ste-Anne d’Aurey, patronne de la Bretagne et du Canada.
J’en ai profité pour voir un peu la Bretagne. –
C’est une réconfortante vision. J’en rapporte de bons et curieux souvenirs.
Celui-ci, tel qu’il t’apparaît au revers, pourra te suggérer des idées !
Je réalise aussi que je suis un mauvais voyageur, et que la nostalgie est décidément une ennuyeuse maladie moins dangereuse que le diabète mais combien plus embêtante !
Écris-moi longuement à
: « Légation Canadienne
No 1 – Rue François ler
Paris
France

Je ferai suivre les lettres dès que je quitterai Paris. À Paris,
on me fait parvenir mes lettres à mon hôtel.
Cire tes lettres et mets ton cachet.
Je serai à Paris, mercredi 14 mai et j’ai un nouvel appointement [sic] avec le Dr Ramon, qui a dû s’absenter 10 jours. J’écrirai pour donner des nouvelles. Je suis bien de ma santé, cependant je suis prudent. Je suis mon régime grâce à mon inquiétude. J’espère que tu as fait un bon voyage à Montréal et que tu te prépares à prendre un bon repos à St-Agapit.
Bien sincèrement.
Eug. Corbeil, ptre

[Au recto de la carte]
J’ai passé à cet endroit, mais je n’ai pas escaladé ce rocher.


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samedi 17 janvier 2009

LES VOYAGES OUTRE-MER DU CURÉ CORBEIL
(XXI)

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LE RETOUR DU SECOND VOYAGE - Avril 1925
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Sur la carte postale datée du 31 mars 1925 et envoyée à ma tante Éliane, Corbeil avait écrit :

«… je partirai donc le 8 avril sur le France, un des plus beaux bateaux de la ligne française…»


Il voyagea en première classe et rapporta de sa traversée un tirage spécial de 10 cartes postales de la French Line, dont il ne devrait pas subsister beaucoup d’exemplaires après plus de 80 ans.

Je n’en insère ici que trois, les plus représentatives.

Le paquebot France, construit à Saint-Nazaire et mis en service en 1912.
Le grand salon, d’un luxe inouï, où Corbeil devait passer de bons moments à converser avec d’autres passagers.
La superbe salle à manger des passagers de la première classe, qui a sûrement comblé de bonheur notre curé, gourmet et … gourmand !
Cartes postales tirées des archives de Micheline Raîche-Roy.

Tout laisse supposer que Corbeil sera revenu seul de ce deuxième voyage outre-Atlantique car, dans ses dernières lettres, il ne mentionne plus le nom de ses deux compagnons de La Tuque, Henri et Philias Pagé.

De plus, d'autres photos des archives d’Alice Lamothe Lilley montrent les Pagé, ses oncles, en Angleterre : on n’y voit jamais le curé.

Ici se termine la relation de la croisière et de ce qui aura sans doute été le second séjour de Corbeil sur le continent européen.

Cinq ans plus tard, Corbeil retournera en France pour y suivre une cure à Vichy et passer quelques jours à Paris. Encore là, il racontera ses aventures à l’endos de cartes postales, qui feront l’objet des prochaines pages.

Je n’ai trouvé aucune trace d’une autre conférence qui aurait pu rendre compte de ce périple.

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