dimanche 13 septembre 2009

EUGÈNE CORBEIL, MES ONCLES BERGERON

ET LE SCOUTISME À LA TUQUE



Eugène Corbeil et David Maltais, décoré de trois médailles pour bravoure,

au camp scout de Pointe-à-la-Mine, en 1936.

Information fournie par Hervé Tremblay.

Mon oncle maternel Paul-Henri Bergeron a été très actif au sein du mouvement scout latuquois, et son frère Lionel a fait partie des louveteaux.

Paul-Henri a passé toute une année à rédiger ses souvenirs. Le récit est truffé d'anecdotes savoureuses sur ses années d'enfance et de jeunesse à La Tuque. On y trouve plusieurs noms connus des résidants de la ville, dont les Scarpino, Maheux, Fortin, Gravel, Scalzo, Robert Tremblay, surnommé «Caron», un raconteur d'histoires.


Paul-Henri Bergeron, 19 ans. Lionel Bergeron, 24 ans.


De ses expériences scoutes, mon oncle écrit ceci.


« Pendant les années 1932-1933, monseigneur Comtois, évêque du diocèse de Trois-Rivières, formule le vœu de fonder le scoutisme à La Tuque. Le curé Corbeil, de la paroisse St-Zéphirin, désigne l’abbé Perron pour organiser le mouvement. C’est un jeune prêtre très dévoué à la cause des jeunes garçons.

[…]

Les autorités en place décident de fonder deux troupes de scouts; on fait donc un choix parmi les jeunes, je suis choisi et j’emboîte le pas avec une soixantaine d’autres jeunes pour commencer le mouvement. Après quelques mois d’apprentissage, le scoutisme à La Tuque fonctionne à plein. On ne s’arrête pas là, les responsables décident de fonder les louveteaux. Je suis choisi pour former le groupe avec l’aide des scouts de Trois-Rivières, je deviens donc « Akela », le grand maître Loup.

Le choix, encore une fois, se fait parmi 60 petits garçons de 6 à 8 ans, je dois vous vous avouer que ce ne fut pas facile d’organiser deux meutes de louveteaux . Pour la bonne marche de ma sixaine de louveteaux, il me fallut construire des tanières, c’était là leur refuge pour mettre en pratique les connaissances acquises. Heureusement que j’avais déjà fait mes premiers pas en bricolage et construction avec mon beau-frère, Hervé Raîche, l’époux de ma sœur Simone, professeur à l’école technique du collège [Saint-Zéphirin]. »


Paul-Henri Bergeron, à gauche, Eugène Corbeil et quelques louveteaux.

La Tuque, 28 avril 1934. Archives de Micheline Raîche-Roy.


«Lorsque le scoutisme fut bien établi, je pense que ce mouvement a été bon pour nous, nous étions invités à diverses occasions pour donner des démonstrations de notre savoir-faire et nous étions hautement appréciés de la population.

J’aimais le mouvement pour la cause des tout petits; en retour, je pense que je me suis aidé moi-même en donnant un peu de mon temps pour ces bouts-de-choux.»


Louveteaux latuquois sur le parvis de l’église Saint-Zéphirin.


«Il faudrait vous raconter aussi que j’ai vécu des moments palpitants et parfois même tragiques, pendant les campements annuels dans la forêt. J’ai goûté un peu de tout jusqu’à perdre des louveteaux la nuit! Il y avait des somnambules dans le groupe, il me fallut organiser des équipes de scouts plus âgés pour les retracer et surtout ne pas les effrayer, c’étaient des expériences fantastiques à vivre.»

Paul-Henri Bergeron. Camp de louveteaux.

Le scout Paul-Henri, le deuxième, à gauche, à l’arrière.

Une partie de sucre dans une érablière de Sainte-Thècle.

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Paul-Henri Bergeron était le troisième fils de Joseph-Honoré Bergeron et d’Élodie Paquet.

Il s’est toujours dit « miraculé », car ses deux petits frères, nés avant et après lui, sont décédés au berceau. C’est pourquoi il a toujours été très proche du dernier-né de la famille, Lionel.


Paul-Henri, 5 ans, et Lionel, 1 an, La Tuque, été 1922 .

Paul-Henri Bergeron et Onésime Tremblay.

Paul-Henri et sa sœur Simone, ma mère, ma sœur Monique et moi.

Montréal, gare Windsor, 1944.


À la fin de ses études à l'École technique, il fut engagé à l’usine latuquoise de la Brown Corporation. Marié et père d’un enfant, Paul-Henri fut quand même conscrit durant la Seconde Guerre mondiale, mais il n’est pas allé outre-mer. À Halifax, il était plus utile comme professeur de mécanique pour former les techniciens affectés à l’entretien des motos de de l’armée.

Paul-Henri est décédé le 24 septembre 1992.


Paul-Henri présente ses souvenirs à sa famille.

Dans l’ordre habituel : Céline, François, Pierre, son épouse, Gisèle Ricard, Paul-Henri, Lisette, Jocelyne et Louise. La photo a été prise devant leur chalet au lac Long,

à Saint-Élie-de-Caxton, été 1988.

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Lionel, le benjamin des Bergeron n'a connu que le mouvement louveteau, car il a quitté très tôt sa petite ville pour faire son cours classique à Montréal et à Québec, puis sa médecine à l'université Laval.


Des années plus tard, les deux neveux de Paul-Henri et de Lionel, Jacques et André, fils de Léo Bergeron, l’aîné des quatre fils de Joseph-Honoré et d’Élodie, et de Germaine Jalbert.
feront également partie des louveteaux à La Tuque.


Jacques et André Bergeon,

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Quelques documents reliés à l’histoire du scoutisme à La Tuque.

Lettre d’Eugène Corbeil à Albert Tessier.

Dans cette lettre du 18 décembre 1934, j’ai l’impression que les remerciements de Corbeil font référence à l’ouvrage de Lucien Desbiens, Au cœur de la Mauricie, que Tessier qui a demandé de rédiger pour sa collection «Pages trifluviennes», publiée aux Éditions du Bien Public de Trois-Rivières. Source : Archives du STR, Séminaire Saint-Joseph, Trois-Rivières.


Extrait de l’essai polycopié d’Aldori Dupont. Celui-ci signale, en octobre 1939, le passage à La Tuque d’un groupe de scouts venus de France.


Dédicace d'Aldori Dupont.


Brochure publié en 1944 à l’occasion du dixième anniversaire de fondation du mouvement scout à La Tuque. L’un des deux prêtres est peut-être Clovis Perron, l’aumônier du groupe.

Gracieusement fournie par Gaston Gravel.


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